Le secteur immobilier à l’heure du Covid



La pandémie de Covid 19 suscite un chamboulement sans précédent dans le monde entier.
Son impact sur de nombreux secteurs économiques est perceptible. C’est le cas du secteur immobilier qui connaît des chamboulements avec cette crise sanitaire.
Retour sur les premières conséquences marquantes du Coronavirus sur le marché de l’immobilier français et d’Afrique de l’Ouest.

Deux mois de confinement 


Mars 2020 ; afin de limiter la propagation de l’épidémie de Coronavirus, la France est contrainte comme plusieurs pays dans le monde d’instaurer un confinement de sa population.
Les mesures sont strictes : les déplacements sont fortement limités et tous les commerces qui n’ont pas une activité de première nécessité doivent baisser le rideau. C’est évidemment le cas des agences immobilières et des études notariales.
Résultat : avec l’impossibilité de visiter des biens, quasiment toutes les transactions immobilières sont gelées. Même si le gouvernement décide de faciliter les signatures virtuelles, celles-ci restent peu développées tout comme les visites virtuelles.
Il faudra attendre le 11 mai, date du déconfinement, pour voir rouvrir les portes des agences et des études de notaires. 
Du côté de l’Afrique de l’Ouest où l’épidémie s’est beaucoup moins propagée, les restrictions sont moindres, la plupart des pays ayant optés pour un confinement partiel avec couvre-feux nocturne.
C’est le cas du Sénégal, de la Mauritanie, de la Gambie ou encore du Mali où les couvre-feux s’accompagnent de la fermeture des marchés et l’interdiction des rassemblements.

Du retard dans les travaux

Dans ces pays africains, les signes d’une immobilisation du marché immobilier sont toutefois visibles au niveau des chantiers car beaucoup ont été mis à l’arrêt durant cette période pendant laquelle les rassemblements ont été prohibés.
En France, ce confinement est également marqué par un arrêt des travaux. Selon la Fédération des Promoteurs Immobiliers, 95% des chantiers de logements collectifs étaient à l’arrêt fin mars.
Avec la fin du confinement, la plupart des constructions ont pu reprendre mais ces deux mois d’arrêt ont laissé des traces. En effet, difficile de rattraper le retard accumulé avec les nouvelles contraintes sanitaires mises en place. En 2021, la production de neuf aura pris beaucoup de retard. « Les promoteurs anticipent une baisse de 25 à 30 % de leur chiffre d’affaires », indique Christian de Kerangal, directeur général de l’IEIF (Institut de recherche et d’études pour l’industrie immobilière) dans une interview accordée au Point. 


Hausse des prix en France 

Cette pandémie ne laissera donc pas indemnes les acteurs du secteur de l’immobilier
Mais si des projets d’achat ou de construction ont pu être mis en stand-by au plus fort de cette crise sanitaire, les clients devraient majoritairement reprendre leur projet.
« Indépendamment des évolutions des indicateurs de confiance et du niveau d’activité constaté, la tendance générale passée a été vers une allocation croissante de capitaux vers l’immobilier et nous ne voyons pas de raisons aujourd’hui pour que cette tendance s’inverse, à moyen ou long terme, compte tenu des avantages offerts par les investissements en immobilier », prévoit d’ailleurs le cabinet international de conseil en immobilier d’entreprise JLL.
Dans ce contexte, les futurs investisseurs auront tout intérêt à se tourner vers les zones les plus attractives.
En France, la tendance est à une hausse des prix du côté des logements anciens comme l’a dévoilé l’INSEE le 28 mai. « Au premier trimestre 2020, les prix des logements anciens en France (hors Mayotte) accélèrent : +1,9 % par rapport au quatrième trimestre 2019 après +1,3 % et +1,0 % aux trimestres précédents », peut-on lire dans la note de l’institut.
Ce constat est encore plus marquant sur toute une année avec +5,0 %, après +3,7 % et +3,2 %. « Comme observé depuis fin 2016, la hausse est plus marquée pour les appartements (+6,4 % en un an) que pour les maisons (+4,0 %) », est-il détaillé.
La chute de la construction devrait alimenter cette hausse des prix déjà bien engagée.

Investissement attractif sur le continent africain


En Afrique de l’Ouest, la dynamique est différente.
La Proptech qui englobe l’immobilier, la construction et la finance de ce secteur est en plein essor. Elle atteint 12 milliards de dollars en 2016 contre 20 millions de dollars en 2008 dévoile l’étude Knight Frank Africa Report 2020-2021.
Au Mali, cela se traduit par un rendement immobilier en hausse de 10 % en 2019 dans le secteur résidentiel peut-on lire dans le rapport du cabinet anglais. Ce rendement est de 8 % en Côte d’Ivoire et de 7 % en Mauritanie. 
Au Sénégal, il atteint les 6 % de croissance. L’attractivité reste de mise dans ce pays où la Plateforme du Millénaire, le vaste projet d'aménagement du territoire de la nouvelle ville de Diamniadio, est en cours.


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